Le projet de minerai de fer de Bekisopa, dans le sud de Madagascar, a franchi une étape administrative avec l’obtention d’un permis d’exploitation délivré à la société australienne AKORA Resources en mars 2026. Cette autorisation ne marque toutefois pas le démarrage de la production. La compagnie doit encore mobiliser les financements nécessaires et parvenir à des accords commerciaux avant de mettre en œuvre le projet.
Selon les informations rapportées par l’Agence Ecofin et reprises par Moov, AKORA Resources a engagé des échanges avec plusieurs partenaires internationaux. La société discute notamment avec la Banque mondiale et l’Union européenne afin de faire avancer le développement de Bekisopa. Les éléments rendus publics ne précisent ni le montant des financements recherchés ni le calendrier d’une éventuelle mise en production.
Un permis obtenu, mais des conditions encore à réunir
Le permis constitue une avancée pour un projet qui doit encore passer de la phase administrative à la réalisation industrielle. La compagnie australienne doit notamment sécuriser les ressources financières et conclure des engagements commerciaux. Ces deux conditions sont présentées comme nécessaires à la poursuite du projet, sans qu’une décision définitive d’investissement ne soit annoncée dans les informations disponibles.
- Opérateur : AKORA Resources, société australienne ;
- Localisation : Bekisopa, dans le sud de Madagascar ;
- Permis d’exploitation : délivré par les autorités malgaches en mars 2026 ;
- Étape actuelle : recherche de financements et d’accords commerciaux.
Le minerai de fer occupe jusqu’à présent une place limitée dans l’industrie minière malgache. Le projet Bekisopa intervient ainsi dans un secteur dont l’exploitation industrielle n’a pas encore abouti à Madagascar. La trajectoire du dossier rappelle celle du projet de Soalala, lancé avec un partenaire chinois mais resté au stade de l’exploration.
Le précédent de Soalala
En 2010, Wuhan Iron and Steel Company, groupe aujourd’hui intégré à China Baowu Steel Group, avait conclu un accord avec l’État malgache pour développer le gisement de Soalala. Les ressources y étaient alors évaluées à 360 millions de tonnes, avec une teneur moyenne de 35 % de fer. L’accord prévoyait le versement de 100 millions de dollars à l’État en contrepartie de l’attribution des droits d’exploration.
| Projet | Donnée communiquée | Situation indiquée |
|---|---|---|
| Soalala | 360 millions de tonnes de ressources, 35 % de fer | Projet resté au stade de l’exploration |
| Bekisopa | Permis obtenu en mars 2026 | Financements et accords commerciaux à réunir |
Pour Soalala, les investissements nécessaires étaient estimés à environ 2 milliards de dollars, notamment pour la mine et les infrastructures associées. Les premières exportations avaient été envisagées à partir de 2014, mais le projet n’a jamais atteint la décision finale d’investissement. La Banque mondiale relevait encore en 2015 qu’il se trouvait au stade de l’exploration. Le portail d’investissement de la Communauté de développement de l’Afrique australe consacré à Madagascar indique par ailleurs que le permis de Soalala est actuellement en attente de renouvellement.
Le dossier Bekisopa s’inscrit donc dans une succession de projets de minerai de fer confrontés à des exigences financières et industrielles importantes. À ce stade, les informations publiées établissent l’obtention du permis et l’ouverture de discussions avec des partenaires, mais ne font état ni d’un début d’extraction ni d’un calendrier d’exportation.