Madagascar a lancé, le 3 novembre 2026 à Antananarivo, le projet Smart Clean Cooking, consacré à l’accès à des modes de cuisson moins dépendants du bois et du charbon. L’initiative est financée à hauteur de 35 millions de dollars par le Fonds de l’Opep pour le développement international et doit s’étendre sur cinq ans. Plus de 70 % du budget doivent être orientés directement vers les bénéficiaires, selon les éléments présentés lors de la cérémonie organisée au Novotel Ivandry.
Un financement destiné à structurer la filière
Le ministère de l’Énergie et des Hydrocarbures pilote le programme avec le projet Pôles intégrés de croissance. Le dispositif vise à réunir les autorités publiques, la société civile et les partenaires autour d’une politique nationale de cuisson propre. Le Fonds de l’Opep pour le développement international accorde à Madagascar un prêt concessionnel sur vingt ans. Il souhaite également mobiliser la Banque mondiale par l’intermédiaire de son programme Ascent et attirer des entreprises privées.
« Aujourd’hui, seuls 14 % des foyers utilisent une cuisson propre, alors que l’objectif est d’atteindre 50 % en 2030 », a déclaré Fidiarison Kenny Marco Louis, directeur de la bioénergie au sein du ministère de l’Énergie et des Hydrocarbures.
Les données communiquées par le ministère situent l’ampleur du défi : plus de 90 % des ménages cuisinent encore au bois ou au charbon. Cette dépendance est présentée comme un facteur de pression sur les forêts, de pollution de l’air et de risques pour la santé. Le projet entend donc favoriser des solutions de cuisson propre tout en améliorant leur accessibilité pour les ménages.
Des solutions à rendre accessibles aux ménages
Le responsable du dossier au ministère a toutefois relevé la méconnaissance du prix des foyers biologiques, alors que des solutions existent déjà. Cette question de l’information et du coût constitue l’un des points abordés au démarrage du programme. Des appels à projets doivent être lancés afin d’associer davantage d’acteurs privés à la transition énergétique.
Pour le gouvernement, le programme doit aussi produire des effets sur les dépenses quotidiennes. Le ministre de l’Énergie, Radonirina Lucas Rabearimanga, a indiqué que le projet devait réduire le temps consacré à la cuisson ainsi que les dépenses des ménages. Les modalités précises de déploiement et la répartition des financements entre les différentes solutions n’ont pas été détaillées dans les informations publiées.
| Élément | Donnée annoncée |
|---|---|
| Financement | 35 millions de dollars |
| Durée | 5 ans |
| Part destinée aux bénéficiaires | Plus de 70 % |
| Objectif de cuisson propre | 50 % des foyers en 2030 |
Le Fonds de l’Opep pour le développement international inscrit ce programme dans une relation ancienne avec Madagascar : son responsable pour le pays a rappelé que le premier projet financé par l’institution à Madagascar remontait à 1976, année de création du fonds. Le projet Smart Clean Cooking doit désormais servir de cadre commun aux initiatives publiques et privées liées à la cuisson propre, avec un financement qui reste principalement structuré autour du prêt accordé sur vingt ans.