Le poivre sauvage Voatsiperifery, une épice endémique de Madagascar prisée par les grands chefs, se trouve au cœur d’une tension entre valorisation commerciale et protection des forêts. La liane pousse dans les forêts naturelles de l’île et grimpe jusqu’à la canopée, où elle produit des grains caractérisés notamment par une petite queue ligneuse. Pour les cueilleurs, l’accès aux fruits peut toutefois conduire à la destruction des végétaux qui servent de support.
D’après les données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) citées dans l’article publié par Outremers360 le 25 octobre 2026, les forêts naturelles de Madagascar ont diminué de 27 % entre 1990 et 2025. Dans les zones de collecte, certains cueilleurs arrachent les lianes pour atteindre les grains sans monter dans les arbres. Des arbres supports peuvent également être abattus, ce qui dégrade directement le milieu dont dépend la ressource.
Une épice recherchée sur le marché français
La demande internationale a contribué à faire connaître cette production issue des terroirs forestiers malgaches. La France est présentée comme le principal débouché à l’exportation. Selon les éléments rapportés par Outremers360, le kilogramme de poivre malgache y est vendu entre 150 et 200 euros. Ce montant correspond au prix indiqué dans l’article publié le 25 octobre 2026 et ne permet pas, à lui seul, d’établir une évolution durable des cours.
Le chef français Olivier Roellinger, qui dit avoir découvert cette épice il y a environ trente ans, participe à des initiatives destinées à vérifier son authenticité. Ces démarches reposent sur une identification des zones de récolte et sur un encadrement plus strict de la collecte à Madagascar. L’objectif décrit dans l’article est de mieux distinguer les grains provenant de secteurs réglementés, alors que le risque de contournement des règles est également évoqué.
« Parfois, je me dis que je n’aurais jamais dû le faire connaître »
Cette déclaration d’Olivier Roellinger, rapportée par l’Agence France-Presse, illustre la difficulté de concilier la notoriété acquise par le Voatsiperifery et la conservation de son habitat. Le chef décrit une épice aux notes poivrées, résineuses, terreuses et agrumées, ainsi que son utilisation dans des préparations culinaires. Ces propos relèvent de son appréciation personnelle du produit et sont cités ici comme tels.
Le recul de la collecte à Ambongamarina
Le village d’Ambongamarina, situé au nord-est d’Antananarivo, a été marqué par une forte collecte il y a une vingtaine d’années. Maminiaina Rabearison, agriculteur âgé de 45 ans, raconte à l’Agence France-Presse que le paysage local était encore largement couvert de forêt naturelle jusqu’en 2010-2012. Il indique qu’à cette période, des habitants se rendaient en forêt pendant 10 à 20 semaines par an et qu’au moins 100 kilogrammes par semaine étaient vendus au marché à un commerçant.
Le témoignage rapporte que ce commerçant ne vient désormais plus dans le village, sans préciser dans le contenu publié les raisons de cette interruption. Il met néanmoins en évidence le changement intervenu dans une zone où la collecte du poivre constituait une activité commerciale identifiée. La raréfaction de la forêt et la pression exercée sur les arbres supports touchent ainsi simultanément la ressource naturelle et l’organisation locale de la filière.
| Élément | Donnée rapportée |
|---|---|
| Évolution des forêts naturelles | -27 % entre 1990 et 2025, selon la FAO |
| Prix indiqué en France | 150 à 200 euros par kilogramme |
| Collecte évoquée à Ambongamarina | Au moins 100 kilogrammes par semaine, jusqu’en 2010-2012 |
- Le Voatsiperifery dépend des arbres et de la forêt naturelle pour se développer.
- La destruction des lianes et de leurs supports fragilise le renouvellement de la ressource.
- Des initiatives de certification cherchent à relier l’authenticité du produit à des zones de récolte réglementées.
Le cas du Voatsiperifery associe donc une question de conservation forestière à celle de la traçabilité d’une épice exportée. Les informations rapportées par l’Agence France-Presse et Outremers360 ne fournissent pas de volume national récent de production ni de bilan complet de la filière. Elles documentent en revanche la dépendance de cette ressource à l’intégrité des forêts malgaches et les limites rencontrées par les dispositifs destinés à encadrer sa collecte.