À Andramasina, la période de récolte se traduit par une forte pression sur les prix des pommes de terre. Dans certaines localités du district, le kilo est vendu entre 150 et 300 ariary, alors que le même produit peut atteindre 2 500 ariary dans certains points de vente de la capitale, selon les informations rapportées par L’Express le 27 octobre 2026. Cet écart intervient dans un contexte d’offre abondante et place les producteurs dans une situation défavorable au moment où ils doivent libérer leurs parcelles.
Des récoltes importantes, mais des revenus insuffisants
À Ambohijanaka, le prix relevé atteint seulement 150 ariary le kilo. Dans d’autres zones du district, les transactions se situent dans une fourchette allant jusqu’à 300 ariary. La baisse est liée à l’arrivée simultanée de volumes importants sur les marchés. Les agriculteurs disposent de peu de temps pour vendre, car les tubercules risquent de se détériorer s’ils restent stockés ou dans les champs.
La contrainte est également liée au calendrier agricole. Les producteurs doivent préparer les prochaines plantations et procéder à la mise en eau des parcelles. Ils sont donc conduits à déterrer les pommes de terre, même lorsque les conditions de vente ne permettent pas de couvrir correctement les attentes liées à la production. Dans la commune de Fitsinjovana, les récoltes peuvent atteindre 12 tonnes par famille, selon des informations recueillies localement. Plusieurs dizaines de familles dépendent de cette activité.
« Tous les producteurs de pommes de terre sont perdants dans la situation actuelle », déclare Hery Michel Ramanantsoa, agriculteur de la commune de Fitsinjovana.
L’offre de Faratsiho renforce la pression
La concurrence entre bassins de production réduit davantage la capacité de négociation des exploitants d’Andramasina. L’arrivée des pommes de terre de Faratsiho au même moment accroît les quantités disponibles sur les marchés. Les collecteurs peuvent ainsi proposer des prix que les producteurs jugent trop faibles au regard de la qualité et du volume de leurs récoltes.
Hery Michel Ramanantsoa indique que les tubercules produits dans sa zone sont de gros calibre. Il rapporte toutefois que les offres des collecteurs ne dépassent pas 300 ariary le kilo, alors que les producteurs estiment qu’un niveau compris entre 800 et 900 ariary serait nécessaire. Ces montants correspondent aux prix évoqués par l’agriculteur dans le contexte actuel de la campagne et ne constituent pas une cotation générale de la filière.
| Zone ou niveau de vente | Prix indiqué |
|---|---|
| Ambohijanaka | 150 ariary/kg |
| Localités d’Andramasina | 150 à 300 ariary/kg |
| Offre des collecteurs citée par un producteur | Jusqu’à 300 ariary/kg |
| Prix jugé nécessaire par ce producteur | 800 à 900 ariary/kg |
| Certains points de vente de la capitale | Jusqu’à 2 500 ariary/kg |
Un écart entre la production et le marché
La situation décrite à Andramasina met en évidence un décalage entre le prix obtenu à la production et celui constaté dans certains points de vente urbains. L’abondance de l’offre ne profite pas aux cultivateurs, qui doivent écouler rapidement leurs récoltes. Les frais de transport et les marges des intermédiaires figurent parmi les éléments mentionnés pour expliquer la différence entre les deux niveaux de prix, sans que leur montant individuel soit précisé.
Pour les exploitations concernées, la baisse intervient alors que les charges de la campagne et la nécessité de préparer le prochain cycle agricole demeurent. Le problème immédiat rapporté par les producteurs est donc celui de l’écoulement : conserver les tubercules expose à leur détérioration, tandis que vendre au niveau actuel réduit fortement la rémunération tirée du travail agricole. Les données disponibles portent sur les prix observés dans les zones citées et sur les témoignages recueillis localement par L’Express.